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Au procès civil de Donald Trump pour fraudes, sa fille Ivanka prend ses distances
Au procès civil pour fraudes financières contre Donald Trump, sa fille Ivanka a pris ses distances avec son rôle précis dans l'empire familial immobilier et au côté de son père, jurant sous serment ne pas se souvenir de négociations de prêts avantageux avec des banques dans les années 2010.
Ivanka Trump n'est pas poursuivie au civil dans cette affaire et avait quitté la holding Trump Organization en 2017 pour conseiller son père quand il est entré à la Maison Blanche, où il rêve de retourner le 20 janvier 2025.
Arrivée souriante et décontractée au palais de justice de Manhattan, vêtue d'un ensemble noir sur un tee-shirt blanc, Ivanka Trump a prêté serment devant la cour suprême de l'Etat de New York (tribunal de première instance, ndlr), où ont déjà témoigné la semaine dernière et lundi ses frères Don Jr et Eric Trump et l'ancien président des Etats-Unis.
Lorsque le représentant du ministère public l'a appelée à s'exprimer, le juge Arthur Engoron qui préside les débats depuis le 2 octobre a lancé en plaisantant: "Qui est-elle?".
D'une voix très douce et à peine audible, Ivanka Trump n'a cessé d'affirmer qu'elle ne se "souvenai(t) pas" en détail des négociations qu'elle avait avec des banques sur des conditions de prêts comme en attestent des courriels qu'elle a échangés en 2011 et 2016 avec des banques et que le procureur lui présente.
- "Je ne me rappelle pas" -
"Assise ici aujourd’hui, je ne me rappelle pas ces conditions remontant à 2011", a-t-elle assuré.
Interrogée également sur son rôle éventuel au côté de son père pour établir ses "déclarations financières personnelles", Ivanka Trump a répondu: "Ce n'était pas des choses dont j'étais au courant (...) Je n'étais pas impliquée dans ses déclarations financières personnelles".
Avant l'audience, la procureure générale de l'Etat de New York Letitia James, qui poursuit Trump père et fils, a accusé "Ivanka Trump (d'avoir) bouclé et négocié des prêts avantageux fondés sur des déclarations financières frauduleuses" avant de quitter la Trump Organization.
"Elle va tenter de prendre ses distances avec l'entreprise mais, malheureusement, les faits vont montrer qu'elle était très impliquée", a martelé cette haute magistrate, élue du Parti démocrate, qui réclame au clan Trump 250 millions de dollars de réparation.
Donald Trump, qui s'était défendu lundi de manière virulente devant le tribunal, est accusé avec ses fils et l'état-major de la Trump Organization d'avoir frauduleusement gonflé de manière colossale la valeur de leurs actifs – une myriade de sociétés gérant des gratte-ciel, hôtels et résidences de luxes ou golfs dans le monde entier – pour décrocher de meilleurs prêts bancaires et des conditions d'assurance plus favorables.
Avant le procès, le juge Engoron avait estimé dans une ordonnance cinglante fin septembre que le parquet général de l'Etat de New York présentait "des preuves concluantes qu'entre 2014 et 2021, les prévenus ont surévalué les actifs" du groupe de "812 millions (à) 2,2 milliards de dollars" selon les années, dans les chiffres inscrits sur les états financiers annuels de Donald Trump.
En conséquence de "fraudes répétées", il avait ordonné la liquidation des sociétés gérant ces actifs, comme la Trump Tower sur la 5e Avenue de New York ou le gratte-ciel de style néo-gothique et bientôt centenaire du 40 Wall Street.
Si cette décision --pour l'instant suspendue en appel-- est appliquée, le milliardaire républicain perdrait le contrôle d'une partie de son empire immobilier.
Ce procès n'est qu'une des premières épreuves judiciaires qui attendent Donald Trump. Il doit notamment comparaître à partir de mars 2024 devant la justice fédérale à Washington pour ses tentatives présumées d'inverser le résultat de l'élection de 2020.
burs-nr/dax
E.Burkhard--VB