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Les proches de Trump esquissent sa défense et dénoncent des poursuites politiques
Des "notes" personnelles ou des documents déclassifiés: des proches de Donald Trump ont assuré dimanche que l'ancien président était dans son droit en emportant des paquets d'archives lorsqu'il a quitté la Maison Blanche, esquissant sa stratégie de défense tout en dénonçant des poursuites politiques.
"Il a parfaitement le droit de détenir des documents classifiés qu'il avait déclassifiés", a assuré sur Fox News l'une de ses avocates, Alina Habba, à deux jours de sa comparution devant un tribunal fédéral de Miami.
"Ce sont des notes, des choses qu'il a le droit d'emporter", a-t-elle ajouté, balayant l'idée que son client puisse plaider coupable.
"L'habilité du président à classifier et à contrôler l'accès aux informations relatives à la sécurité nationale découle de la Constitution (...) Il a dit qu'il avait déclassifié ce matériel, il peut le mettre où il veut, il peut le traiter comme il veut", a abondé sur CNN le président de la commission judiciaire de la chambre des représentants, Jim Jordan, un proche allié.
- Une défense déjà fragilisée -
L'argument, déjà mis en avant par Donald Trump, est battu en brèche dans l'acte d'accusation révélé jeudi. L'ancien magnat de l'immobilier y est visé par 37 chefs d'inculpation pour avoir, lorsqu'il a quitté la Maison Blanche, emporté des milliers de documents dont certains confidentiels alors qu'il aurait dû les confier aux Archives nationales, et pour avoir ensuite refusé d'en restituer la majeure partie en dépit des demandes de la police fédérale (FBI).
Ainsi, l'acte d'accusation révèle qu'en juillet 2021, sur un club de golf lui appartenant dans le New Jersey, Donald Trump a montré à quatre personnes dépourvues d'habilitation secret défense "un plan d'attaque" que lui avait préparé le ministère de la Défense lorsqu'il était président.
"En tant que président, j'aurais pu les déclassifier (...) maintenant je ne le peux plus, mais il s'agit toujours de secrets", dit-il sur un enregistrement audio cité par le document judiciaire.
Toujours d'après l'acte d'accusation, les documents confidentiels "incluaient des informations sur les capacités de défense des Etats-Unis et de pays étrangers", "sur les programmes nucléaires" américains et "sur les vulnérabilités potentielles en cas d'attaque contre les Etats-Unis et leurs alliés".
"C'est un acte d'accusation plutôt très détaillé. Et il est accablant", a estimé sur Fox News l'ancien ministre de la Justice de Donald Trump, Bill Barr, désormais critique envers l'ancien président après avoir été l'un de ses alliés.
"L'idée que le président a une totale autorité pour décréter que tout document est personnel, c'est ridicule", a encore dit M. Barr.
- Un pays divisé -
Au lendemain de meetings où Donald Trump a dénoncé une "chasse aux sorcières", ses alliés ont redoublé d'arguments sur ce thème.
"Ils essaient une chose, puis ils en essaient une autre, et ils continuent de s'en prendre à lui", a dénoncé Jim Jordan, répétant que les poursuites étaient orchestrées par le camp Biden, alors que l'acte d'inculpation a été adopté par un grand jury de citoyens en Floride.
L'ex-chef d'Etat est notamment visé par des charges pour "rétention illégale d'informations portant sur la sécurité nationale", "entrave à la justice" et "faux témoignage".
D'après un sondage ABC News/Ipsos rendu public dimanche, 47% d'un échantillon de 910 Américains interrogés vendredi et samedi pensent que les charges dans ce dossier sont "politiquement motivées", contre 37% qui ne le pensent pas. Mais dans le même temps, 61% des sondés estiment que ces poursuites sont "très graves" (42%) ou "assez graves" (19%). Parmi les républicains, 38% le pensent aussi.
P.Anderson--BTB