-
L'Ukraine "répondra" si la Russie ne respecte pas une trêve énergétique, dit Zelensky
-
Ce que l'on sait de l'opération du pape
-
L'ambassadrice américaine en Grèce de plus en plus sur la sellette
-
L'Arabie saoudite reconnaît être "mise à l'épreuve" par les frappes houthies
-
Allemagne: la coalition de Merz fragilisée par le départ de la ministre du Travail
-
Mondial de l'auto : Macron cherche à rassurer les constructeurs européens face à la concurrence chinoise
-
Aubagne : un principal de collège et une enseignante blessés par balle, un élève interpellé
-
Le procès du comédien Russell Brand, accusé de viols et agressions sexuelles, s'ouvre à Londres
-
Energie, dettes, IA... le FMI et les grands argentiers du monde réunis à Bangkok
-
L'IA qui prédit l'avenir, de quoi attirer la finance, les entreprises et les gouvernements
-
Rikers Island, l'insalubre prison que New York n'arrive pas à fermer
-
Le Mondial de l'Auto ouvre ses portes, pour défendre l'industrie européenne
-
Budget de la Sécu : coup d'envoi à l'Assemblée pour un marchandage à haut risque
-
Thomas Jolly prépare un spectacle musical dédié à Dalida pour 2027
-
Fin de la grève des pilotes d'Air Corsica après un accord
-
Une juge américaine suspend les publicités pro-Trump financées par l'argent public
-
Une rizicultrice italienne mise sur la biodiversité pour lutter contre la chaleur
-
La Corée du Nord tire plusieurs missiles balistiques vers mer du Japon
-
Un El Niño exceptionnel entraîne des températures inédites dans le Pacifique
-
Inflation, dettes, IA... le FMI et les grands argentiers du monde se réunissent à Bangkok
-
Après une primaire réussie, les choses sérieuses commencent pour Glucksmann
-
Inauguré par Macron, un Mondial de l'Auto pour défendre l'industrie européenne
-
Au Mexique, le spectre du cyclone Simon s'éloigne
-
Nouvelle semaine de mobilisation lycéenne, le gouvernement espère une accalmie
-
Dernier Nobel de la saison : politique monétaire ou tech, à qui le prix d'économie ?
-
Ligue 1: l'OM bat Troyes et sort de la crise de résultats
-
Italie: la Lazio réécrit son histoire
-
Brésil : Lula mise sur l'allègement de la semaine de travail avant le second tour de la présidentielle
-
Trump surprend avec l'annonce d'un "cessez-le-feu énergétique" entre l'Ukraine et la Russie
-
A69: plus qu'"une centaine" d'opposants sur le campement, selon la préfecture
-
Les Houthis revendiquent plusieurs frappes contre l'aéroport de Ryad
-
Angleterre : Manchester City éteint les sifflets d'Anfield, malgré la crise
-
Le pape va être opéré d'un nodule au poumon "dans les prochains jours"
-
Présidentielle: Glucksmann désigné dès le premier tour comme le candidat de la gauche sociale-démocrate
-
Trump annonce un "cessez-le-feu énergétique" entre l'Ukraine et la Russie
-
Nouvelle frappe contre l'aéroport de Ryad, au lendemain d'une attaque meurtrière
-
Judo : les Mondiaux des Bleus se concluent par une nouvelle déception
-
Pologne : un suspect arrêté en lien avec une tentative d'assassinat contre le Premier ministre (Tusk)
-
F1 : week-end en or pour Max Verstappen et Red Bull à Singapour
-
Au moins 139 migrants morts et 84 portés disparus après un naufrage au large de Djibouti
-
Colère d'associations après le décès en Espagne d'un dauphin du Marineland
-
F1 : Max Verstappen (Red Bull) remporte pour la première fois le Grand Prix de Singapour
-
Tennis: à Pékin, Zheng Qinwen s'offre un premier WTA 1000 et un retour au premier plan
-
Budget: Lescure "préfèrerait éviter" le recours aux ordonnances, "glissière de sécurité"
-
Triathlon : Vincent Luis champion du monde de l'Ironman à Kona (Hawaï)
-
A69: les opposants quittent progressivement le campement installé dans le Tarn
-
Pakistan : l'Etat fédéral prend le contrôle d'une province du Nord après des manifestations
-
MotoGP: Bezzecchi vainqueur en Indonésie, Martin et Marquez au coude-à-coude pour le titre
-
Pologne : réunion d'urgence après de "possibles tentatives d'assassinat" contre le Premier ministre et le ministre de la Défense
"Tu ressasses": en Turquie, le trauma des rescapés du séisme
Certains dorment à peine ou redoutent les intérieurs. D'autres ont développé une peur intense de la montagne qui leur apportait auparavant bien-être et réconfort.
Dans le sud de la Turquie, accrochés au pied des falaises qui dominent Antakya, les rescapés du tremblement de terre qui a fait au moins 50.000 morts en février souffrent, deux mois plus tard, d'une anxiété et d'un malaise persistants.
Ce sentiment d'angoisse ne les quitte plus depuis qu'ils ont tout perdu - leur toit, leurs proches et souvent leur emploi - dans la nuit du 6 février.
Cuma Zobi connaît bien ce sentiment: cet agent de sécurité, âgé de 38 ans, a été réveillé par d'énormes rochers dévalant sur sa maison.
La petite bâtisse en briques offre désormais un vaste trou en guise de porte.
Sa voiture a été enterrée sous la roche et ses trois enfants, en sang, ont dû ramper pour s'extraire de leur chambre lorsque la secousse, survenue peu avant l'aube, a dévasté des pans entiers du sud-est de la Turquie.
Des rochers plus massifs encore se sont détachés sous l'effet des pluies et des répliques qui ont suivi la première.
"Plus personne n'ose entrer dans une maison", explique Cuma Zobi devant la sienne, éventrée. "Mais même si tu dors dans une tente, tu y repenses, tu ressasses tout, tu en rêves. Il sera difficile de se débarrasser de cette peur."
- "Stress aigu" -
Le psychiatre Eralp Turk tente de guérir les traumas en parcourant bénévolement la zone sinistrée, armé d'un bloc-notes sur lequel il couche les angoisses de ses patients et d'une coffre de médicaments.
Eralp Turk est l'un de ses milliers de volontaires qui se sont précipités à Antakya – autrefois Antioche – après qu'elle eut été anéantie comme nulle autre ville par la pire catastrophe qu'a connue la Turquie moderne.
Le trentenaire rend visite à une quinzaine de personnes par jour à partir d'une liste fournie par les services sociaux de la province.
Certains sinistrés le chassent, trop renfermés sur eux-mêmes pour se livrer à un inconnu.
"Je n'insiste pas. Je propose seulement", explique-t-il au volant de sa berline.
"Les symptômes les plus courants sont le stress aigu, l'affliction et la réactivation d'anciens troubles psychiatriques", développe-t-il. "Mais chaque catastrophe est différente. Chaque région et ses habitants ont leurs spécificités. La culture et les traditions jouent également un rôle."
- "Rochers plus gros qu'une tente" -
La montagne que Nuriye Dagli chérissait tant est devenue source de stress depuis que "des rochers plus gros qu'une tente" ont manqué de lui ôter la vie la nuit du séisme.
"Nous étions une famille heureuse", explique la dame de 67 ans, sous l'une des tentes dans lesquelles vivent désormais la plupart des habitants de la région.
"On s'asseyait au pied de la montagne, les enfants y jouaient, il y avait l'odeur des fleurs, des arbres", soupire-t-elle. "Même quand j'étais seule, je n'avais pas peur."
Ce temps est révolu.
"Un psychiatre est venu une fois. Je pense que ça a aidé", confie-t-elle, sans conviction.
- "Colériques ou agressifs" -
Aysen Yilmaz, travailleur social, arpente lui aussi les villages de tentes de la région. Son constat est amer: toutes les personnes qui le consultent présentent les symptômes d'un état de stress post-traumatique.
"Certains disent avoir des problèmes de sommeil ou d'appétit, d'autres être devenus très colériques ou agressifs", rapporte le quinquagénaire. "Tous ces symptômes sont ceux de troubles de stress post-traumatique".
Sevgi Dagli canalise toute son énergie en s'occupant de son bébé, né 15 jours avant la catastrophe.
La jeune mère, âgée de 22 ans, dit ne pas parvenir à confier ses émotions. "Je garde tout pour moi", lâche-t-elle en regardant son nourrisson.
Elle dit penser à quitter la région, car "plus les décombres sont déblayés, plus l'air devient poussiéreux".
"J'imagine que ce n'est pas bon pour notre santé", glisse-t-elle après avoir marqué une pause. "Je crois qu'on ne sait plus vraiment ce que l'on fait".
H.Seidel--BTB